>> NATO GAME OVER > OTAN : Dossier -envoi cette page à une connaissance-
Une campagne de Vredesactie

La nouvelle campagne OTAN GAME OVER, un manuel sur le contenu

TABLE DES MATIERES :
Introduction, OTAN Game Over
L'OTAN, c'est quoi ?
L'OTAN, quel avenir ?
L'OTAN, en quoi ça me concerne ?
* Les armes nucléaires de l'OTAN en Belgique.
* Participation belge aux interventions de l'OTAN.
* Les accords militaires bilatéraux.
* L'OTAN et la politique de guerre américaine.

L'OTAN, combien ça coûte ?
L'OTAN, que voulons-nous ?


Introduction :
OTAN - GAME OVER.


L'OTAN, tout le monde en a entendu parler, mais peu de gens ont une idée de ce que fait précisément cette organisation internationale. Pourtant, la politique belge de sécurité est en grande partie déterminée par l'adhésion de la Belgique à l'OTAN. Des armes nucléaires en Belgique, des militaires belges en Afghanistan, des transports militaires américains à travers la Belgique, des militaires belges qui collaborent avec des soldats israéliens dans un même exercice,... autant de conséquences de notre adhésion à l'OTAN.
Le développement d'une politique de sécurité non militaire n'est autorisée que dans les marges que nous laisse cette adhésion à l'OTAN. Tout qui souhaite des changements fondamentaux se heurte toujours à nouveau à l'OTAN.

Même si l'OTAN est un héritage de la Guerre froide, elle s'est adaptée à une nouvelle époque. Officiellement, elle a été fondée en 1949, après la deuxième guerre mondiale. Dix pays d'Europe de l'Ouest se sont unis avec le Canada et les Etats-Unis au sein d'une alliance militaire et se sont entendus pour défendre ensemble le territoire des états-membres avec des armes nucléaires.
Aujourd'hui, l'OTAN s'est étendue jusqu'aux anciens territoires de l'Union soviétique et regarde avec envie l'Ukraine et la Géorgie comme futurs nouveaux membres dans une tentative d'isoler complétement l'ancien ennemi russe au niveau militaire. Au vingt-et-unième siècle, l'OTAN a décidé qu'elle peut intervenir non seulement sur son propre territoire, mais également dans le monde entier. Ce type d'interventions militaire fait désormais partie de ses tâches fondamentales. Avec la guerre en Afghanistan, l'OTAN montre ce que cela signifie dans la pratique : apporter la paix et la démocratie à travers le canon d'un fusil et le viseur d'un bombardier.
L'OTAN cherche également des partenaires à l'autre bout du monde : Japon, Australie, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande. Les Etats-Unis voient dans l'OTAN une solution pour ce que les Nations Unies ne peuvent pas leur offrir : une alliance militaire qui remet de l'ordre au niveau mondial sans devoir se préoccuper des autres états qui ont des objectifs fondamentalement différents.

L'OTAN crée plus de problèmes qu'elle n'en résout. Nous n'avons pas besoin d'une machine à interventions militaires mondiales ou d'une alliance militaire qui menace le reste du monde et crée surtout de cette manières ennemis et contre-réactions.
La Belgique a échappé à l'envoi de chair à canons en Irak, mais les canons sont bien passés par la Belgique en route vers le champ de bataille. En Afghanistan, des soldats belges participent à une occupation tout aussi insensée. L'OTAN attelle la Belgique et les autres états-membres à la politique de guerre américaine. En Afghanistan, la mission de l'OTAN permet aux Etats-Unis d'avoir les mains libres pour le gros travail. Des armes nucléaires de l'OTAN sont toujours stationnées à Kleine Brogel. Au sein de l'OTAN, la Belgique a conclu des accords secrets qui excluent la prise de décisions démocratiques, permettent des guerres illégales, des enlèvements et des prisons secrètes.

Ces évolutions sont néfastes. Pourtant, elles échappent à tout débat politique digne de ce nom. Dans la politique belge, l'OTAN est un fait établi, un sanctuaire qu ine peut pas être remis en question. En outre, l'influence de la Belgique sur le cours suivi par l'OTAN est nul. La Belgique participe gentiment et avec peu d'enthousiasme. La politique belge somnole au sein de l'OTAN et se réveille de temps à autre lorsque notre implication dans une aventure militaire devient claire.
Apparemment, persone n'a le courage politique de tirer la conclusion logique. Ce fossile de la Guerre froide ne peut pas être restauré d'une manière sensée.


L'OTAN, C'EST QUOI ?

OTAN signifie Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. En 1949, 12 pays – Belgique, Canada, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Etats-Unis – signent le Traité de l'Atlantique Nord. Par ce biais, ils se rassemblent au sein d'une alliance militaire avec comme objectif officiel la défense collective du territoire contre une invasion militaire par l'Union soviétique. Les états membres “seront soucieux de favoriser dans la région de l'Atlantique Nord le bien-être et la stabilité et résolus à unir leurs efforts pour leur défense collective et pour la préservation de la paix et de la sécurité.” Un élément central du traité est l'article 5 : une attaque armée contre un des membres sera considérée comme une attaque contre tous les membres et les états membres réagiront ensemble.

STRUCTURE
L'OTAN en tant qu'organisation internationale n'a pas d'armée propre. Ce sont les états membres qui attribuent leurs armées à l'OTAN et les place sous les ordres d'un commandant de l'OTAN. L'OTAN en elle-même se compose d'une série de quartiers-généraux et d'une quantié limitée d'infrastructures militaires financées en commun.
La structure d'organisation de l'OTAN se divise en 2 piliers : un politique, avec son quartier-général à Bruxelles, et un militaire. Le Conseil de l'Atlantique Nord (présidé par le secrétaire-général et composé des représentants permanents et des ambassadeurs des membres) est responsable pour les décisions politiques – prises sur base du consensus. Le Comité militaire (le plus haut organe militaire) conseille le Conseil de l'Atlantique Nord, le Defence Planning Committee et le Nuclear Planning Group. Des parlementaires des états membres se rassemblent au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, mais celui-ci n'a pas la moindre relation formelle avec l'OTAN, et donc pas d'influence.

ACTION - REACTION
Après que l'Allemagne de l'Ouest soit devenue membre de l'OTAN en 1955, l'Union soviétique et les états communistes d'Europe Centrale et de l'Est forment à leur tour le Pacte de Varsovie. Durant les décénnies suivantes, les deux alliances militaires s'observent à couteaux tirés. Des armes nucléaires sont installées dans différents pays européens.

A LA RECHERCHE D'UNE NOUVELLE RAISON D'ETRE
Suite à l'écroulement de l'Union soviétique et à la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991, l'OTAN perd sa raison d'être et entame une période de transformation. Pour commencer, l'OTAN s'étend à l'Est, avec des cycles d'élargissement en 1999 (Tchéquie, Hongrie, Pologne) et en 2004 (Lituanie, Lettonie, Roumanie, Slovénie, Slovaquie, Estonie, Bulgarie). Dans le même temps, l'OTAN se met à la recherche de nouvelles raisons d'être et de nouveaux objectifs.

NOUVEAU CONCEPT STRATEGIQUE
La discussion aboutit à un premier résultat avec un Nouveau Concept Stratégique approuvé en 1999. Le Nouveau Concept Stratégique est le document politique au sein duquel l'OTAN définit les risques qu'elle voit en matière de sécurité et la manière dont elle leur apporte une réponse. Ce document est actualisé par un deuxième document politique, la Comprehensive Political Guidance, rendue publique en 2006 lors du sommet de Riga.
Ces documents expliquent à quoi l'OTAN doit ressembler au 21ème siècle : plus grande, plus flexible, avec plus de possibilités. Outre la défense, l'OTAN doit pouvoir faire de la “gestion de crise” - également en dehors de son territoire.

QUEL ENNEMI ?
Dans son Concept Stratégique, l'OTAN affirme que le risque de guerre conventionnelle à grande échelle sur son territoire est plus qu'improbable, mais reste toujours possible à long terme. Pour légitimer son ancien rôle d'organisation collective de défense, l'OTAN doit surtout mettre en avant des “ennemis particulièrement hypothétiques dans un futur lointain”.
En l'absende de grand ennemi, elle fait référence à d'autres sources potentielles d'insécurité :
- l'instabilité et des crises éventuelles dans des pays autour de la zone euro-atlantique,
- la verspreiding potentielle d'armes nucléaires, biologiques et chimiques,
- d'éventuels opposants qui peuvent se procurer des systèmes d'armement avancés grâce à la verspreiding de technologies.
En outre, l'OTAN fait référence de manière très générale et vague, voir purement hypothétique, aux contexte international. Notre sécurité peut être ébranlée par le terrorisme, les sabotages, le crime organisé et l'interruption de flux cruciaux de marchandises.
La concrétisation de ces références peut prendre toutes les directions et entraîne de nombreuses discussions. Dans la pratique, l'entente semble parfois bien éloignée.
Quant à la question de savoir dans quelle mesure la politique de l'OTAN ou de ses membres crèe elle-même de nouveaux ennemis ou menaces, elle n'est même pas abordée.

LA REPONSE ?
Armes nucléaires
Une dissuasion crédible n'est pas possible uniquement avec des troupes conventionnelles. Selon l'OTAN, les armes nucléaires conservent une importance capitale (plus d'infos p.?verwijst naar pagina over de kernwapens)
Interventions militaires partout dans le monde
En raison du contexte international, il doit être possible d'intervenir loin hors de la région euro-atlantique. Pour cette raison, l'OTAN à besoin d' “instruments de gestion de crise”. En d'autres termes : des troupes pour des interventions militaires.
Avec le nouveau Concept stratégique, les états-membres décident que l'OTAN peut interveni non seulement sur son propre territoire, mais également partout dans le monde. “Notre sécurité est influencée de manière globale, donc l'OTAN doit pouvoir interenir de manière globale”. Les interventions militaires partout dans le monde deviennent une des tâches fondamementales de l'Alliance.
A l'initiative des Etats-Unis est lancée la NATO Response Force, une force d'intervention rapide de 21.000 soldats qui doit pouvoir être lancée entre une semaine et un mois et peut soutenir trente jours de lourds combats. Tous les 6 mois, de nouvelles troupes sont tenues prêtes comme NATO Response Force. Aujourd'hui, la NRF est entièrement opérationnelle.
Nouveaux membres et partenariats
L'élargissement de l'OTAN avec de nouveaux membres et des partenariats est mise en avant comme un instrument pour augmenter la paix et la stabilité dans la région. Le fait que l'élargissement a aidé à la promotion de la stabilité en Europe de l'Est a un fond de vérité. La question est de savoir si l'OTAN était bien nécessaire pour cela. L'UE et l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ne suffisaient-elles pas pour jouer ce rôle stabilisateur ?
La poursuite de l'élargissement à l'Ukraine et à la Géorgie n'a pas de rôle stabilisateur. Au contraire, elle perturbe en grande partie les relations avec la Russie.

11 SEPTEMBRE
Les attaques du 11 septembre 2001 ont lancé un nouveau chapitre. Pour la première fois, l'article 5 du Traité est invoqué : les attaques sont considérées comme une attaque sur tous les états-membres. L'OTAN se lance dans la 'war on teror'. La lutte contre le terrorisme donne une nouvelle impulsion au développement d'une puissance d'intervention militaire globale.

Chronologie:
1949 : fondation de l'OTAN
1952 : adhésion de la Grèce et de la Turquie
1955 : adhésion de l'Allemagne de l'Ouest
1982 : adhésion de l'Espagne
1990 : l'Allemagne réunie devient membre
1995 : intervention en Bosnie-Herzegovine
1999 : bombardements de l'OTAN en ex-Yougoslavie
adhésion de la Tchequie, de la Hongrie et de la Pologne
sommet de Washington : Nouveau Concept Stratégique
2001 : intervention de l'OTAN en Afghanistan
2002 : sommet de Prague : lancement de la NATO Response Force
2004 : sommet d'Istanbul : adhésion de la Lithuanie, de la Lettonie, de la Roumanie, de la Slovénie, de la Slovaquie, de l'Estonie et de la Bulgarie
2006 : sommet de Riga
2008 : sommet de Bucarest


L'OTAN, QUEL AVENIR ?

Les Américains savent précisément ce qu'ils veulent faire de l'OTAN. Les Européens ne sont pas très enthousiastes mais ne proposent pas d'alternative. L'OTAN et les gouvernements des états membres sont d'accord sur le fait que l'OTAN doit changer. Un nouveau processus de réforme a été lancé.
Lors du sommet des chefs d'état et de gouvernement de l'OTAN à Bucarest en 2008 doit montrer clairement quels sont les objectifs de ce processus. En 2009, lors du 60ème anniversaire de l'OTAN, un nouveau Concept stratégique doit voir le jour.
La première étape dans ce processus de réforme, le sommet de Riga en novembre 2006, n'a pas apporté grand chose. Les visions sont différentes. La discussion a été reportée.


UNE VISION EUROPENNE OU MONDIALE ?
Pendant la Guerre froide, l'OTAN trouvait un consensus sur sa politique parce que celle-ci ne concernait que la situation en Europe. L'OTAN ne s'intéressait pas au reste du monde. Ainsi, les colonies étaient et sont toujours exclues de la garantie de sécurité reprise dans l'article 5 du traité de l'OTAN.
Aujourd'hui, les États-Unis mettent en avant un agenda mondial comme tâche pour l'OTAN. C'est là que les désaccords deviennent visibles. L'OTAN parvient à un consensus sur l'agenda européen, sur les Balkans,... mais les avis divergent sur les relations avec la Russie, la poursuite de l'élargissement à l'Ukraine et à la Géorgie, le projet de défense anti-missiles,...
L'OTAN s'est laissé entraîner dans l'occupation de l'Afghanistan sans que les membres européens aient vraiment leur mot à dire sur les décisions à prendre. Dès lors, de nombreux membres renâclent à fournir des troupes. Et si ils livrent des troupes, c'est plutôt pour contenter les États-Unis que parce qu'ils croient au sens de l'opération militaire.
Il n'y a pas de consensus sur le rôle de l'OTAN au Moyen-Orient (Irak, conflit israélo-palestinien, Iran, Liban). L'OTAN n'a pour le moment qu'une mission de formation limitée en Irak, des accords de partenariat avec les pays de la Méditerranée et une première collaboration avec les états du Golfe. Il n'y a pas d'accord sur les grandes questions politiques.
Quant à l'Afrique, également une région que les États-Unis veulent mettre à l'ordre du jour de l'OTAN, il est plus question d'une compétition entre les États-Unis et les pays européens que d'une politique commune.

Nicholas Burns, le Sous-secrétaire d'état américain aux affaires politiques, affirme qu'il y a “sans aucun doute une évolution importante dans les relations entre l'Europe et les États-Unis... Une évolution selon laquelle la politique américaine par rapport à l'Europe ne concerne plus seulement l'Europe. Il s'agit du reste du monde. Et l'alliance entre les États-Unis et l'Europe ne concerne plus les oppositions en Europe, comme c'était sans aucun doute le cas pendant le 20ème siècle. Il s'agit de ce que nous devons faire ensemble pour être effectifs et efficaces dans toutes les régions du monde".
Les États-Unis veulent utiliser l'OTAN pour impliquer les pays européens dans leur politique mondiale. Les pays européens tentent un peu de temporiser, mais en l'absence d'une vision commune propre, ils sont une proie facile pour la politique américaine du diviser pour régner.

UN ELARGISSEMENT EUROPEEN OU MONDIAL ?
La vision américaine pour l'OTAN va encore plus loin. Les États-Unis veulent faire évoluer l'OTAN d'une alliance militaire européano-américaine vers une organisation de sécurité militaire mondiale. Une sorte de “Nations Unies des volontaires” marginalisant de fait les véritables Nations Unies.
Les Nations Unies ne sont pas populaires auprès du monde politique américain. Bon nombre voudraient les supprimer ou les remplacer par quelque chose qui sert mieux les intérêts américains. Il ressort du rapport final du Princeton Project on National Security que cette vision est grandement partagée. Il s'agit d'un projet rassemblant aussi bien républicains que démocrates sous la direction de l'ancien ministre des Affaires étrangères George Shultz. Le rapport plaide pour la création d'un Concert de Démocraties : “Tout en faisant pression pour réformer les Nations Unies et les autres institutions internationales importantes, les États-Unis et leurs amis et alliés doivent collaborer au développement d'un Concert des Démocraties mondial – une nouvelle institution visant à renforcer la collaboration en matière de sécurité entre les démocraties libérales du monde entier. Ce Concert devrait institutionnaliser et assurer la “paix démocratique”. Si les Nations Unies ne peuvent pas être réformées, ce Concert offrira un forum alternatif pour que les démocraties libérales autorisent l'action collective, y compris le recours à la violence" (Concert est un mot ancien pour un accord de coopération et fait référence au Concert en Europe après le Congrès de Vienne en 1815, lorsque les grands états européens ont veillé activement à la mise en place d'un équilibre des pouvoirs pour préserver la paix en Europe)

LE DEBUT ?
Depuis début 2006, la discussion sur les partenariats avec des pays du Pacifique est à l'ordre du jour politique de l'OTAN. Officiellement, il s'agit d'une collaboration pratique avec des pays qui participent aux mêmes missions.
Lors de la conférence de Munich sur la sécurité en 2006, le Secrétaire-général de l'OTAN De Hoop-Scheffer a déclaré : "Nous devons veiller à avoir la collaboration la plus étroite possible avec les pays qui peuvent et veulent nous aider à défendre nos valeurs communes. Selon moi, cela signifie développer des liens plus étroits avec d'autres nations en dehors de l'Europe – des nations comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud ou le Japon." Au Sommet de l'OTAN à Riga, de telles ardeurs ont été quelque peu tempérées : pas question de Global Partnership Council avec tous les partenaires avec lesquels des collaborations sont menées. Mais les accords de coopération sont conclus et les partenariats sont en plein développement. Par le biais de ce processus décisionnel rampant, les États-Unis obtiennent ce qu'ils souhaitent.
Dans un article intitulé “Global NATO” publié dans Foreign Affairs, Ivo Daalder, l'ancien conseiller de Clinton, ne se voile pas la face. Il déclare clairement que ces partenariats doivent être une première étape vers une adhésion, tout comme les Partenariats pour la Paix l'étaient pour les pays d'Europe de l'Est. Le fait que des voix démocrates comme celle d'Ivo Daalder défendent cette vision montre clairement qu'un président démocrate après Bush ne ferait pas de différence en la matière.

Pourtant, une telle étape ne va pas de soi. Des partenariats avec le Japon et l'Australie donnent tout d'un coup à l'OTAN un rôle dans le Pacifique et modifient fortement notre relation avec la Chine. Une adhésion signifie une extension de la garantie de défense collective à des pays du Pacifique et transforme l'OTAN en alliance militaire mondiale. Si un conflit éclate dans le Pacifique, l'Europe y est automatiquement impliquée. La première guerre mondiale a montré comment des accords de soutien militaire peuvent transformer un conflit local en guerre mondiale. Dans les milieux militaires américains, on entend souvent que le prochain grand conflit sera avec la Chine. Voulons-nous per se y participer ?

Qu'est-ce que cela signifie pour les pays qui ne font pas partie de cette alliance militaire et sont donc définis comme un problème de sécurité potentiel . Pour eux, ces développements forment une menace à laquelle ils tenteront d'apporter une réponse militaire, avec pour résultat une poursuite de la course aux armements et une militarisation des relations internationales. Affirmer que les menaces sont mondiales pourraient s'avérer bien plus qu'une prophétie.

Jusqu'à présent, nous avons une seule organisation mondiale de sécurité collective, les Nations Unies. Les problèmes de sécurité sont discutés au sein du Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité devrait offrir une garantie contre une militarisation des relations internationales. Dans la pratique, ce n'est malheureusement pas le cas.
Si les États-Unis et leurs alliés dans le monde entier forment une alliance par le biais de laquelle ils confirment leur solution aux problèmes de sécurité collective et donnent une forme militaire à cette solution, si nécessaire en cavalier seul, le Conseil de sécurité ne signifie plus grand chose.
Dans un tel cas, les discussions au Conseil de sécurité sont réduites à un exercice pro forma pour légitimer une décision ou une opération de l'OTAN. Et si la Russie ou la Chine, s'y opposent, la tentation est grande d'intervenir unilatéralement dans le cadre de l'OTAN.
Dans la pratique, l'OTAN devient la seule organisation mondiale de sécurité collective avec un pied militaire. Mais les principales oppositions politiques sont exclues de l'organisation.
Quelle sera la réaction des pays qui n'appartiennent pas aux “volontaires” ? Qu'est-ce que cela impliquera de ne pas être dans le “bon” camp ? Ces pays sont confrontés à une alliance militaire mondiale qui peut les définir comme un problème de sécurité. Ils voudront se défendre. Résultat probable : poursuite de la course aux armements et militarisation des relations internationales.


L'OTAN, EN QUOI CA ME CONCERNE ?

Des armes nucléaires en Belgique, des militaires belges en Afghanistan, des transports militaires américains qui passent par la Belgique, des militaires belges qui collaborent avec des Israéliens dans le même exercice militaire,... autant de conséquences de notre adhésion à l'OTAN.

Les États-Unis qui fonctionnent en cavalier seul sont beaucoup plus dangereux que les États-Unis liés à l'OTAN. Un argument souvent entendu pour légitimer l'adhésion à l'OTAN.
Le prix que nous payons est très élevé. L'influence américaine sur la politique européenne est évidente. La Belgique doit en grande partie suivre la vision américaine en matière de relations internationales. Et au contraire, l'influence n'est qu'une illusion.
Les conséquences négatives de notre adhésion à l'OTAN sont importantes. Cette adhésion nous oblige à marquer notre accord avec une politique étrangère beaucoup trop agressive et réduit la marge de manoeuvre disponible pour une autre politique étrangère belge ou européenne. Elle nous impose des engagements militaires que la Belgique ne choisirait jamais dans un autre cadre politique. Notre pays est utilisé par les États-Unis pour des aventures militaires avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord


Les armes nucléaires de l'OTAN en Belgique

Six pays européens – Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Turquie et Royaume-Uni – abritent 350 armes nucléaires américaines sur la base des accords de “nuclear sharing" de l'OTAN.
La politique nucléaire de l'OTAN est décrite dans le Concept stratégique de l'OTAN. Celui-ci stipule que : “...l'obligation commune d'empêcher les guerres continue à exiger des alliés européens impliqués dans les plans des défense collective pour les tâches nucléaires qu'ils participent à grande échelle au stationnement de forces nucléaires sur leur territoire…” (par.63)
Cela signifie que cinq états non nucléaires (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie et Turquie) ont passé il y a plus de 40 ans des accords avec les États-Unis en matière de “collaboration nucléaire”..


C'EST DU BELGE ?
Dans le cadre de l'OTAN, la Belgique a passé des accords avec les États-Unis quant à la présence d'armes nucléaires sur le territoire belge, quant à l'entraînement de pilotes belges à l'utilisation d'armes nucléaires et à l'entretien des armes nucléaires.
En Belgique, probablement 20 bombes nucléaires B-61 sont entreposées sur la base aérienne de Kleine Brogel.
La B61 est une bombe nucléaires aéroportée très moderne avec quatre niveaux d'explosion adaptables entre 0,3 et 170 kilotonnes. Une seule B61 a une force de destruction potentielle de 14 fois la bombe atomique d'Hiroshima.
Les bombes nucléaires sont entreposées dans 11 bunkers sous-terrains de type WS3 (Weapons Storage & Security System). Ces bunkers se trouvent sous les hangars des F16. Chaque bunker WS3 peut accueillir 4 bombes atomiques, ce qui donne théoriquement une capacité totale de 44 bombes nucléaires.
Les armes nucléaires sont placées sous le contrôle de 110 soldats américains du 52ème MUNSS (Munition Support Squadron), mais ce sont des pilotes belges qui sont formés avec leurs appareils belges F16 à lancer ces armes nucléaires de destruction massive en temps de guerre.

SOLIDARITE ?
Selon l'OTAN, la présence d'armes nucléaires américaines en Europe assure un lien politique et militaire essentiel entre les membres européens et nord-américains de l'OTAN et un partage des charges et des risques.
Néanmoins, sur les 26 membres de l'OTAN, seul six abritent des armes nucléaires américaines sur leur territoire. Chaque arme nucléaire représente une menace pour la sécurité européenne et nuit aux efforts internationaux en faveur du désarmement nucléaire. Chaque bombe est une cible potentielles pour des actions terroristes et implique un risque d'accident inacceptable.

BOUM !
Pour l'usage des armes nucléaires, l'OTAN a approuvé une nouvelle stratégie depuis 2000, sous l'influence des États-Unis. Cette stratégie permet d'utiliser des armes nucléaires contre des états qui eux-même n'en possèdent pas.
A l'origine, les armes nucléaires étaient utilises comme moyen de dissuasion face à d'autres états détenteur de l'arme nucléaire. Celui qui ne possédait pas d'armes nucléaires n'était pas menacé par des armes nucléaires. Aujourd'hui, des pays pour lesquels il existe un soupçon qu'ils disposent d'armes de destruction massive comme des armes biologiques ou chimiques, peuvent être menacés avec des armes nucléaires. Étant donné que beaucoup plus de pays peuvent disposer d'armes chimiques ou biologiques, beaucoup plus de pays sont aujourd'hui une cible potentielle des armes nucléaires de l'OTAN. L'utilisation préventive d'armes nucléaires en cas de soupçon de possession d'armes de destruction massive chez l'adversaire fait partie des possibilités.
La politique de l'OTAN permettant d'utiliser des armes nucléaires en premier apporte une dimension dangereuse supplémentaire lorsqu'elle est combinée à la politique de sécurité américaine qui plaide pour une guerre préventive.

ILLEGALE
Les principes de nuclear sharing de l'OTAN sont illégaux parce qu'ils sont contraires au droit international humanitaire et au Traité de non-prolifération.
Du jugement de la Cour internationale de justice de La Haie en 1996 sur la légalité des armes nucléaires, on peut conclure que toutes les armes nucléaires existantes sont illégales. Le Traité de non-prolifération, le traité qui doit empêcher la diffusion des armes nucléaires, oblige tous les signataires à lutter pour un monde débarrassé des armes nucléaires. La reconfirmation de la valeur politique et militaire des armes nucléaires de l'OTAN est une violation de cette obligation.

JUST DO IT
En 2005 la Chambre et le Sénat belge ont approuvé comme premiers organes parlementaires parmi les pays membres de l'OTAN une résolution demandant le retrait de notre territoire des armes nucléaires américaines. Jusqu'à présent, notre gouvernement n'a pas entamé la moindre démarche pour appliquer cette résolution. Le Canada et le Danemark (Groenland) ont montré qu'un retrait des armes nucléaires américaines est possible. Plus récemment, la Grèce (2001) a également renvoyé les armes nucléaires américaines à l'expéditeur.

Au sein de l'OTAN, la Belgique peut aborder la question de la stratégie nucléaire. L'OTAN décide par consensus et la Belgique peut en principe bloquer certaines décisions. Mais cela nécessite beaucoup de courage politique.
Notre gouvernement affirme que la remise en cause de la présence d'armes nucléaires en Europe est en opposition avec la politique actuellement menée au sein de l'OTAN. Il n'y a pas la moindre règle juridique qui interdit à la Belgique de remettre en cause un ancien consensus de l'OTAN.
La mise en oeuvre des décisions politiques prises au sein de l'OTAN est menée par les états-membres. Ainsi, la question du stationnement d'armes nucléaires sur le territoire belge est une question réglée entre les États-Unis et la Belgique sur base d'accords multilatéraux. La Belgique peut mettre un terme à ces accords et à ses obligations juridiques.




Participation belge à des interventions de l'OTAN.

La Belgique aurait-elle des troupes en Afghanistan si elle n'était pas membre de l'OTAN ? On peut en douter. En tant que membre de l'OTAN, nous souscrivons à une politique d'interventions militaires à l'échelle mondiale.

AFGHANISTAN
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont envahi l'Afghanistan et renversé le régime des Talibans. L'OTAN s'est déclarée solidaire et à mis en application l'article 5 du Traité de l'OTAN : une attaque armée contre un des membres sera considérée comme une attaque contre tous et les états-membres réagiront ensemble. A ce moment, les États-Unis ont rejeté l'aide de l'OTAN et ont fait appel à des pays qu'ils ont choisi individuellement. Lorsque la guerre en Irak a mal tourné, les États-Unis ont tout de même fait appel à l'OTAN. Depuis août 2003, l'ISAF (International Security Assistance Force) est dirigée par l'OTAN en Afghanistan. A l'origine, la mission de l'ISAF est restée limitée à la capitale, mais elle s'est depuis lors étendue à tout le pays. La Belgique s'est cherché une place sûre mais néanmoins visible au sein de la force d'intervention : la protection de l'aéroport de Kaboul.

ECHEC DE L'INTERVENTION MILITAIRE
Tout comme en Irak, cette intervention n'évolue pas positivement. L'OTAN est embobinée dans une opération de counter-insurgency (anti-insurrectionnelle).
En théorie, une intervention militaire doit apporter la sécurité de manière à ce qu'un processus politique puisse voir le jour et qu'une démocratie stable puisse se développer. Dans la pratique, la sécurité est une illusion depuis des années. Les États-Unis étant particulièrement larges dans leur définition du terme « dégâts collatéraux », ils s'attirent de plus en plus les foudres de la population locale. Dans la plupart des cas, le pouvoir du président Karzaï ne dépasse pas Kaboul et il est considéré en grande partie comme une marionnette des États-Unis. Il n'est pour ainsi dire pas question d'un processus politique, et encore moins d'une évolution vers un régime stable.
Il paraît évident de donner la faute de cet échec aux méthodes musclées américaines. Mais les échecs en Irak et en Afghanistan montrent en fait que c'est l'instrument « interventions militaires » qui échoue. Imposer la paix et créer une démocratie avec des moyens militaires est une illusion. De tels objectifs politiques ne peuvent pas être atteints avec des moyens militaires. Au contraire, l'intervention militaire est plutôt un obstacle.
Avec une intervention militaire, l'importance des groupes armés impliqués dans un conflit augmente. Elle renforce les oppositions dans le conflit et diminue la place disponible pour une solution politique. Une intervention militaire fait de tout le monde une partie prenante au conflit, ce qui crée une guerre ouverte ou un scénario de lutte anti-guérilla.
De cette manière, une intervention entraîne peut-être une victoire militaire, mais polarise surtout le conflit et éloigne encore plus qu'auparavant une solution politique. Si la possibilité d'un véritable processus de paix n'est pas évidente, on est confronté à une présence militaire pouvant durer des années, voir des dizaines d'années, et à une reprise du conflit après le retrait des troupes.

LES INSTRUMENTS D'UNE INTERVENTION MILITAIRE
Malgré cela, l'OTAN continue à développer les outils lui permettant d'intervenir militairement plus rapidement et de manière plus efficace. Depuis la fin 2006, la NATO Response Force est complètement opérationnelle. Il s'agit d'une force d'intervention rapide de 21.000 soldats qui doit pouvoir être déployée entre une semaine et un mois et doit pouvoir soutenir trente jours de lourds combats. Tous les six mois, d'autres troupes sont attribuées à la NATO Response Force. Des investissements supplémentaires sont menés dans les capacités nécessaires en matière de transport, de recueil d'information,... En outre ,les états membres se sont fixés comme objectif de rendre 40% de leurs troupes terrestres déployables à l'étranger et de déployer effectivement 8 pourcent de leurs forces terrestres à l'étranger.
En d'autres termes, l'OTAN fait clairement le choix de devenir un instrument pour des interventions militaires dans le monde entier. Cet instrument militaire permet-il également d'atteindre les objectifs politiques définis, comme la promotion de la stabilité, de la paix et de la démocratie ? On peut en douter. C'est en tout cas une question qui ne peut pas être posée au sein des structures de l'OTAN.


Les accords militaires bilatéraux.

Même si notre pays n'est pas d'accords avec une intervention militaire ou une guerre, il peut y être impliqué par le biais de notre adhésion à l'OTAN. La dernière guerre en Irak en est un bon exemple.

ACCORDS SECRETS
L'OTAN n'a pas d'armée propre. Ce sont les états membres qui attribuent leurs armées à l'OTAN et les placent sous le commandement de l'OTAN. Il y a en outre les armées nationales. Une partie de ces armées peut être stationnée sur le territoire d'un autre état membre de l'OTAN. Au sein de l'OTAN, des accords sont passés quant à la stratégie commune, aux troupes nécessaires et à leur matériel. Ces accords ne sont pas contraignants au niveau juridique. Les états-membres sont donc eux-mêmes responsables de la mise en oeuvre des accords et concluent pour ce faire des accords militaires bilatéraux. Il s'agit souvent d'accords-cadres, et toute une série d'accords techniques sont encore signés pour la mise en oeuvre proprement dite.
Quelques exemples : c'est au sein de l'OTAN qu'est décidée la stratégie nucléaire ainsi que le nombre d'armes nucléaires qui sont nécessaires à son exécution. Pour le stationnement proprement dit, un accord bilatéral est conclu entre les États-Unis et le pays abritant les armes pour régler les responsabilités de chacun. Il en va de même pour le stationnement de troupes américaines en Allemagne. Un accord a été conclu avec l'Allemagne pour tous les aspects de ce stationnement. Un accord a été signé avec la Belgique à propos de ce qu'on appelle les « lignes de communication », c'est-à-dire les mesures réglant le passage et le ravitaillement de ces troupes par le territoire belge.
La Belgique a conclu toute une série d'accords de ce type avec les États-Unis et d'autres pays. Leur contenu est secret.

ABUS
Ces accords rendent possible le fonctionnement militaire de l'OTAN. Ils sont conclus en vue de la mise en oeuvre des accords dans le cadre de l'OTAN, mais ils peuvent également être utilisés pour des aventures militaires qui n'ont rien à voir avec l'OTAN. C'est ce qui s'est passé pendant la dernière guerre en Irak. Les États-Unis ont utilisé les accords conclus dans le cadre de l'OTAN pour leurs propres objectifs.
Dans leur stratégie militaire, les États-Unis utilisent souvent le stationnement de troupes américaines en Europe d'une manière qui ne correspond pas à la stratégie de l'OTAN. Les troupes américaines en Europe servent de poste avancé pour des interventions au Moyen-Orient et en Afrique, sans que les pays d'accueil aient vraiment leur mot à dire.

PLATEFORME LOGISTIQUE POUR LA GUERRE
La dernière guerre en Irak en a fourni l'exemple le plus frappant. Officiellement, le gouvernement belge était opposé à la guerre en Irak. Tout comme le gouvernement allemand, il trouvait que cette guerre était contraire au droit international. Dans la pratique, plus de 20.000 soldats américains ont ont été transportés d'Allemagne vers la région du Golfe et leur matériel a été transporté vers Anvers et Rotterdam pour y être transbordé. La Belgique a servi de plateforme logistique pour la guerre.
Sans cette collaboration, la guerre aurait été impossible ou beaucoup plus difficile. En collaborant de cette manière, la Belgique a dérogé à ses obligations dans le cadre de la Convention de La Haye sur les états neutres et de la Charte des Nations Unies. Le gouvernement belge a affirmé devoir respecter ces accords militaires, si nécessaire en contradiction du droit international de la guerre et de la Charte des Nations Unies. On peut se permettre de douter de cette affirmation. Une lecture de l'accord bilatéral obtenu suite à des fuites montre clairement que la Belgique conserve le droit d'en interrompre l'application lorsque celle-ci est contraire à ses propres intérêts nationaux. Au delà de cette discussion juridique, la guerre en Irak a montré que l'adhésion belge à l'OTAN peut signifier une implication dans des aventures militaires unilatérales des États-Unis.

ET LES ARMES NUCLEAIRES ?
Ces abus des États-Unis dans le cadre de l'OTAN peut en théorie prendre des formes encore plus graves. En effet, les armes nucléaires américaines en Europe ont une autre fonction dans la stratégie militaire américaine que dans celle de l'OTAN. Les États-Unis prévoient un rôle possible pour ces armes nucléaires au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas qu'elles peuvent être tout à coup utilisées à partir du territoire belge sans approbation du gouvernement belge, mais bien que les États-Unis peuvent à tout moment les transporter vers le Moyen-Orient pour leurs propres troupes les utilisent sur place. Ici aussi, le stationnement d'armes nucléaires joue le rôle de poste avancé de l'armée américaine, tout comme pour les troupes conventionnelles.


L'OTAN et la politique de guerre américaine.

L'OTAN incarne le lien transatlantique qui relie la sécurité de l'Europe et celle de l'Amérique du Nord, affirme l'OTAN dans son concept stratégique. Un bel argument si les visions quant à cette sécurité sont les mêmes. Mais la pratique montre une image tout à fait différente.

L'adhésion à l'OTAN entraîne les états membres européens dans une politique beaucoup plus agressive que celle qu'ils souhaitent. Le lien transatlantique s'avère surtout un étranglement qui rend souvent impossible une autre politique étrangère. Les États-Unis font pression pour imposer leur vision et menacent les autres s'ils pensent à mettre en cause le « consensus ».
Les chapitres précédents consacrés à la politique d'armement nucléaire et aux interventions en Afghanistan et en Irak ont déjà illustré cette explication. En voici encore quelques exemples.

LA DEFENSE ANTI-MISSILES
Depuis les années quatre-vingt déjà, les États-Unis rêvent de Star Wars, un bouclier de l'espace qui doit les protéger contre des missiles nucléaires. Il y a vingt ans, ce n'était pas une carte jouable au niveau technique, mais l'actuel président Bush a approuvé l'installation du système national de défense anti-missiles. Pour ce faire, il a suspendu le traité ABM (Anti Ballistic Missile), un traité conclu entre les États-Unis et la Russie qui interdisait les systèmes de défense anti-missiles.
On ne sait pas si ce système fonctionne, mais les installations de lancement de missiles anti-missiles sont là en tout cas.
L'Europe a toujours fait preuve de moins d'enthousiasme pour ce système. Les États-Unis ne sont pas parvenus à le « vendre » au sein de l'OTAN. Comme compromis, une étude a été commandée à propos de la faisabilité technique d'une 'Missile Defence Initiative' dans le cadre de l'OTAN. Pour de nombreux pays européens, c'était une manière de garder ses distances. Pour les États-Unis, c'était le début d'une prise de décision rampante. Par le biais de la commande d'une telle étude, la discussion s'est limitée à la faisabilité technique et la discussion sur la nécessité d'un telle système a été balayée. Lors du sommet de l'OTAN à Riga en 2006, les États-Unis ont à nouveau essuyé un échec, et une nouvelle étude a été commandée !
Mais le gouvernement Bush veut développer le plus possible le système de défense anti-missiles pendant sa législature afin qu'un nouveau président ne puisse plus faire demi-tour : les États-Unis ont négocié en aparté avec la Pologne et la République tchèque quant au placement d'installations pour leur bouclier anti-missiles. Résultat : la République tchèque va accueillir une installation rader et la Pologne des missiles de défense.
La Russie réagit avec irritation. Il peut-être vrai que les plans de défense anti-missiles ne forment pas à l'origine une menace pour la Russie, mais la Russie tient compte d'une possible évolution. Un bouclier anti-missiles efficace donne à un pays la possibilité de lancer lui-même une attaque nucléaire sans que la partie adverse puisse réagir de manière tout aussi destructrice. Cela perturberait l'ensemble de l'équilibre stratégique basé sur la dissuasion. Cela représente pour la Russie l'occasion de menacer de se retirer du traité INF, qui interdit les missiles à moyenne et longue distance. Les conséquences de cette réaction fâchée de la Russie touchent toute l'Europe.
Étant donné que les États-Unis poursuivent si nécessaire leurs avancées de manière unilatérale, toute discussion sur l'utilité d'un tel système est dépassée. La discussion ne porte plus sur l'utilité d'un bouclier anti-missiles, mais sur le cadre dans lequel il est placé (l'OTAN ou une coalition des volontaires d'Europe de l'Est). L'Europe plie et les États-Unis obtiennent ce qu'ils veulent. L'Europe est entraînée dans une politique beaucoup plus agressive par rapport à la Russie.

L'ELARGISSEMENT
Les États-Unis veulent utiliser la faiblesse actuelle de la Russie pour la limiter tellement dans sa marge de manoeuvre qu'elle ne puisse plus jamais atteindre sa puissance d'antan. Les États-Unis essaient d'intégrer le plus possible de l'ancien territoire soviétique dans la sphère d'influence américaine, et l'OTAN est l'instrument idéal pour ce faire. Dès lors, les États-Unis soutiennent un élargissement à l'Ukraine et à la Géorgie. Le fait que la population ukrainienne soit très divisée sur la question et qu'une grande partie se sente liée à la Russie n'est pas pris en compte, et encore moins le fait que l'OTAN fonce en Géorgie dans un nid de guêpes comparable à l'ex-Yougoslavie. La Russie est furieuse, mais cela n'a pas beaucoup d'importance pour les États-Unis, qui veulent surtout éliminer un concurrent potentiel. Pour l'Europe, une bonne relation avec la Russie est beaucoup plus importante. La Russie est un voisin, avec lequel il vaut mieux avoir de bonnes relations. Pourtant, le processus de prise de décision, soumis à des pressions constantes, évolue lentement vers le point de vue américain.

LA COLLABORATION MILITAIRE AVEC ISRAEL
Une collaboration militaire avec un pays qui occupe un territoire depuis des années en violation de toutes les règles du droit international, qui viole régulièrement le droit humanitaire international et ignore toute une série de résolutions des Nations Unies, c'est quelque chose que personne ne voudrait défendre. Et pourtant, les États-Unis n'y voient pas le moindre problème. Et plus fort encore, l'OTAN en fait de même.
Dans le cadre du « Dialogue méditerranéen », une collaboration militaire est menée avec divers pays de la Méditerranée. Il s'agit d'exercices militaires, de participation à diverses sessions d'études, d'entraînements, du sponsoring d'études scientifiques communes, etc. entre autres en matière de lutte contre le terrorisme et de surveillance des frontières. Une telle collaboration signifie quelque chose de tout à fait différent dans le contexte israélien que dans l'européen ! En mai 2006, Israël a participé à l'exercice de la force aérienne Spring Flag/Volcanex, tout comme la force aérienne belge. Deux mois plus tard, la même force aérienne israélienne bombardait le Liban.



L'OTAN, COMBIEN CA COÛTE ?

L'OTAN est financée en commun par ses membres. Les contributions des états membres sont calculées selon une clé de répartition basée sur leur produit national brut (PNB). Plus de 95% des coûts ne sont pas intégrés dans le budget de l'OTAN mais sont pris en charge par les états membres. Le budget de l'OTAN ne contient que les quartiers-généraux et une quantité limitée d'infrastructures communes. Les coûts liés à l'équipement, à l'entraînement et à l'envoi en mission militaire des troupes sont payées par l'état membre lui-même.

UN BUDGET COMMUN POUR L'OTAN
L'OTAN dispose de 3 budgets communs :
- le budget civil, avec lequel sont financés le quartier-général de l'OTAN, le personnel civil et les programmes scientifiques. En 200, il s'élevait à 181 millions d'euros. La contribution à ce budget est placée dans la plupart des états membres sous le budget des affaires étrangères.
- le budget militaire, avec lequel sont financés le quartier-général militaire (SHAPE), divers quartiers-généraux subalternes et les installations de défense aérienne. En 2007, ce budget s'élevait à 954 millions d'euros. La contribution à ce budget est placée dans la plupart des états membres sous le budget de la défense.
- le programme NATO Security Investment (NSIP), avec lequel sont financés divers projets destinés à augmenter la capacité militaire et la disponibilité. Les pipelines de l'OTAN ressortent de ce budget, tout comme les bunkers dans lesquels sont entreposées les armes nucléaires. Les États-Unis aiment utiliser ce budget pour faire payer en partie par les autres états membres le coûts de leurs installations en Europe. La contribution à ce budget est placée dans la plupart des états membres sous le budget de la défense.

COÛTS DES BASES AMERICAINES POUR LES PAYS D'ACCUEIL
Les États-Unis disposent de statistiques quant à la mesure dans laquelle ils parviennent à faire payer d'autres pays pour leurs installations à l'étranger. Ces coûts sont répartis de manière très inégale et touchent surtout les pays avec une grande présence militaire américaine, comme l'Allemagne et l'Italie. La contribution belge est liée aux quartiers-généraux de l'OTAN, à la base aérienne de Chièvres (en pratique une base américaine), l'escadron MUNSS de Kleine Brogel et le passage de matériel militaire américain.

Dans le tableau ci-dessous, soutien direct signifie les paiements directs ou les subsides et soutien indirect les dispenses ou réductions d'impôts, les rétributions, etc.

L'OTAN, QUE VOULONS-NOUS ?

L'OTAN crée plus de problèmes qu'elle n'en résout. Nous n'avons pas besoin d'une machine à interventions militaires mondiales ou d'une alliance militaire qui menace le reste du monde et crée ainsi surtout des ennemis et des contre-réactions.

NOS EXIGENCES
Nous voulons réduire la capacité d'intervention militaire:
- suppression de la NATO Response Force
- diminution des budgets militaires et évolution vers une véritable prévention des crises et vers plus d'aide au développement
Nous voulons démilitariser la coopération internationale :
- pas d'accords de collaboration militaire avec les pays du Pacifique
- arrêt de la collaboration militaire avec Israël
Nous voulons un arrêt des activités qui nourrissent les conflits :
- retrait des armes nucléaires américaines et suppression de tout rôle des armes nucléaires dans la stratégie militaire
- révision des accords militaires
- pas de développement d'un bouclier anti-missiles
- retrait des troupes d'Afghanistan et d'Irak
- pas d'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine et la Géorgie

COMMENT VOULONS-NOUS Y PARVENIR ?
Vredesactie a mené pendant dix ans la campagne Bombe-spotting, nous avons lancé « McMilitary, non à la mondialisation de la guerre » contre la politique d'intervention militaire, nous avons pris des risques avec les actions des Trainstoppers,... Nous avons obtenu énormément de résultats. Le Parlement belge est le premier organe parlementaire au sein de l'OTAN à avoir approuvé une résolution demandant le départ des armes nucléaires. Des centaines de personnes ont suivi une formation à l'action non violente comme préparation pour participer à nos campagnes. Des milliers de personnes ont participé à des actions de désobéissance civile.
Mais la situation reste inchangée. Les armes nucléaires sont toujours là. La politique d'intervention militaire continue à se développer. Les États-Unis ont des plans énormes pour l'OTAN : elle doit devenir une alliance militaire mondiale, munie d'armes nucléaires.
Quelle que soit l'analyse que nous menons, nous sommes toujours confrontés à deux éléments :
- si nous voulons obtenir des modifications fondamentales dans notre politique de sécurité, nous sommes à chaque fois confrontés à l'OTAN.
- si nous voulons obtenir des modifications fondamentales dans notre politique de sécurité, il est impossible d'y parvenir uniquement à partir de la Belgique. Une coopération européenne est nécessaire.

OÚ POUVONS-NOUS FAIRE LA DIFFERENCE ?
Nous sommes une petite organisation, mais par le biais des actions des Bombe-spotters, nous sommes parvenus à remettre les armes nucléaires à l'agenda politique. Le plus grande obstacle pour parvenir au retrait des armes nucléaires est le tabou qui règne autour de l'OTAN. L'OTAN est un sanctuaire impossible à remettre en cause. Avec les Bombe-spotters, nous voulons lancer la discussion sur l'OTAN durant les années à venir. Par le biais d'actions directes non violentes, nous voulons veiller à ne pas pouvoir être mis de côté et niés.

NOUS NE SOMMES PAS TOUS SEULS
Dans d'autres pays d'Europe, des mouvements puissants sont en développement avec des objectifs similaires.
Espagne
Le 17 octobre 2005, des activistes ont bloqué un train transportant du matériel dans le cadre d'exercices de grande ampleur liés à l'établissement d'une base de la NATO Response Force à Valence. Sur place, une inspection civile a été organisée pour la cinquième fois le 12 mai 2007. Cette action était la conclusion d'une semaine d'actions contre des bases militaires partout en Espagne. Début février 2007, à Séville, dix mille personnes ont manifesté contre l'OTAN à l'occasion du sommet des ministres de la défense. Le gouvernement ne reste pas insensible à ces critiques : à Séville, l'Espagne a refuser à une demande de l'OTAN d'envoyer plus de militaires en Afghanistan.
Italie
En Italie aussi l'OTAN est soumise à un feu de critiques, surtout depuis la guerre en Afghanistan. L'opposition aux bases américaines a explosé ces derniers mois lorsqu'a été annoncée l'extension de la base militaire située près de Vicenza, d'où partent des avions américains à destination de l'Irak et de l'Afghanistan. Le 17 février 2007, Vicenza a été submergée par une manifestation de cent mille personnes. Quelques jours plus tard, le premier ministre Prodi a donné sa démission parce que son gouvernement n'était plus à même de trouver une majorité pour la poursuite de la participation italienne à l'occupation de l'OTAN en Afghanistan.
Royaume-Uni
Le mouvement de la paix au Royaume-Uni a les mains pleines avec la politique étrangère de son propre gouvernement. Les protestations se concentrent sur le soutien volontaire du gouvernement aux guerres en Afghanistan et en Irak et sur la discussion relative à la modernisation du système d'armes nucléaires Trident. Mais outre ses propres armes nucléaires, le Royaume-Unie abrite également des armes nucléaires de l'OTAN. Sur la base de Lakenheath, base d'accueil du 48th Fighter Wing américain, sont entreposées 110 armes nucléaires. Le Lakenheath Action Group est le moteur derrière un flux interminable de manifestations et d'actions directes.
Allemagne
L'Allemagne connaît depuis des années un fort mouvement de la paix. Un nouveau développement est l'apparition d'un réseau de groupes locaux autour de diverses bases militaires. Au nord de Berlin, un vaste mouvement est actif contre la mise en service d'un terrain d'exercice pour bombardements aériens, le Bombodrom. Le mouvement utilise actuellement des moyens juridiques, mais si ceux-ci sont épuisés, une occupation permanente du terrain est prévue pour empêcher la mise en service. Des groupes locaux mènent des actions autour des bases aériennes de Büchel, Spangdahlem et Ramstein. Il en va de même autour de l'aéroport de Leipzig, où sont stationnés des avions Antonov pour des interventions de l'UE ou de l'OTAN et où atterrissent les soldats américains en congé d'Irak ou d'Afghanistan. A Ansbach également, un groupe local est actif. C'est là-bas que l'armée américaine veut concentrer une grande partie de son déploiement en Allemagne et où sont stationnés ses régiments d'hélicoptères.
République tchèque
Après la Guerre froide, les pays d'Europe de l'Est se sont rapprochés de l'OTAN. Des pays comme la Pologne, la République tchèque et la Hongrie se sont révélés des membres obéissants. Mais là aussi, les protestations augmentent.
En République tchèque, cela se cristallise autour de la résistance contre l'installation d'un radar pour la défense anti-missiles américaine. En août 2006 a été créée une vaste coalition baptisée Ne základnám : Non aux bases militaires – avec l'organisation à Prague des premières manifestations contre les plans. Aujourd'hui, ce mouvement dispose de groupes locaux dans tout le pays et rassemble des signatures pour un référendum. Dans les villages autour du site proposé, des référendums locaux ont été organisés, avec près de 100% des voix contre les plans.
Pologne
En Pologne également, un vaste mouvement s'oppose aux plans de Star Wars. Ce mouvement a été lancé pendant la guerre en Irak. En Pologne, un site de stationnement de missiles est prévu. Outre des manifestations, le mouvement utilise également la possibilité d'un référendum pour atteindre de larges couches de la population. Ce mouvement, composé de groupes de diverses tendances, est réuni au sein de la coalition Stop Wojnie (Non à la guerre).
Hongrie
Enfin, en Hongrie également sont visibles les premiers signes de résistance, même si ce n'est qu'au niveau local. A Tubes et à Pécs, des actions sont menées contre l'installation d'un site radar destiné à l'OTAN.

OTAN - GAME OVER
La Belgique abrite le quartier-général politique de l'OTAN. Les possibilités pour une action te une collaboration européenne sont évidentes. En nous opposant à l'OTAN, nous pénétrons dans le coeur de notre sécurité militaire. Avec les activistes allemands, britanniques, espagnols,... nous lançons le samedi 22 mars 2008 le premier 'OTAN, game over'.
Cinq ans après le début de la guerre en Irak, nous nous rendons ensemble au quartier-général de l'OTAN pour le fermer. Effectivement. Nous en fermons les portes, les voies d'accès. De manière non violente et décidée.
Les Bombe-spotters pénètrent sur et inspectent les terrains où sont préparés le recours à des armes nucléaires et tentent d'empêcher des crimes de guerre.
'OTAN - Game over' n'est pas une manifestation. Et encore moins un jeu. Jusqu'à présent, chaque action directe non violente sur ou autour du quartier-général de l'OTAN a entraîné un déploiement policier massif, des kilomètres de fil barbelé, des interdictions de rassemblement,... Dommage, quel gaspillage de l'argent du contribuable ! Par le biais d'actions directes non violentes, nous tentons d'empêcher des guerres et de mettre un terme à des crimes de guerre. Ouverture quant à ses intentions, non-violence active et sens des responsabilités sont des conditions de base pour participer.

Intéressé ? Contactez-nous.
Écrivez-nous à wallonie@bomspotting.be ou appelez le 03 281 68 39.

© Vredesactie / Action pour la Paix asbl · Patriottenstraat 27, 2600 Berchem · Tél: (00 32) (0)3 281 68 39 · Fax: (00 32) (0)3 281 68 79